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Lightroom 4 / Capture One Pro 7 : lequel choisir ?

Lancé en janvier 2007, Lightroom s’est depuis imposé au sein du workflow numérique des photographes adeptes du format RAW. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce succès, à commencer par l’ajout régulier de nouvelles fonctionnalités destinées à répondre aux besoins des photographes (du moins d’une majorité).

Lightroom 4 Logo

Un leitmotiv qui a permis au logiciel conçu par Adobe de se tailler une belle renommée chez les amateurs et professionnels, au point de devenir une référence dans son domaine au fil des versions. La dernière mouture a permis de conforter encore un peu plus les parts du marché du géant américain grâce à de nouvelles fonctionnalités mais aussi, un tarif agressif avec un prix de marché d’une centaine d’euros !(et même moins lors de de promotions).

La tendance pourrait toutefois s’inverser dans les prochains mois car les choix ou l’absence de réaction d’Adobe face à certains problèmes commencent à une partie des utilisateurs historiques…

Les mises à jour se succèdent, les bugs aussi…

Beaucoup le savent, le lancement d’un nouveau produit s’accompagne souvent de son lots d’impairs (certains n’hésitent d’ailleurs pas à dire que les premiers utilisateurs sont des « bêta-testeurs » à leur insu…).
L’arrivée de la de quatrième mouture de Lightroom ne déroge pas à la « règle » malheureusement. Parmi les dysfonctionnements les plus marquants de cette version 4, un problème lié aux courbes personnalisées lors de la conversion d’un catalogue LR3 vers LR4. Le problème fut corrigé rapidement mais beaucoup ont eu l’impression d’un lancement peut être un peu trop hâtif… Autre talon d’Achille de Lightroom, à l’origine de cet article, des lenteurs récurrentes.

Pour ma part, ayant pour habitude, de ne pas me précipiter sur la première mouture d’une nouveauté pour les raisons évoquées plus haut, la mise à jour vers Lightroom s’est effectuée avec la release 4.1. J’ai ainsi évité le «bug de la courbe personnalisée» et autres problèmes de la version 4.0 qui ont fait couler beaucoup d’encre (numérique) sur la toile.

Plutôt confiant et impatient de découvrir le nouveau moteur de rendu (processus 2012) de Lightroom 4, j’ai rapidement déchanté. En cause, une lenteur générale alors que Lightroom 3 était plutôt véloce sur la même configuration. Un souci sans doute à mettre sur le compte de la jeunesse de cette nouvelle révision. Une hypothèse en grande partie confirmée par les mises à jour suivantes qui ont permis d’améliorer de façon significative la situation. Lightroom 4.3 m’a donc permis de retrouver la fluidité d’antan.

Lightroom-4-Presentation

Tout pourrait donc aller dans le meilleur si un (autre) problème récurrent ne venait pas dégrader mon «expérience utilisateur»…
En cause, une franche dégradation des performances au fil de l’utilisation. La moindre opération devient lente et il faut parfois patienter une petite dizaine de secondes pour voir l’effet d’un simple changement d’exposition alors que le réglage est quasi-instantané en temps normal ! Seule solution pour retrouver la réactivité escomptée, fermer puis relancer Lightroom. A priori, rien de méchant mais en pratique être obligé d’avoir recours à cette «bidouille» plusieurs fois pour traiter une session est pour le moins désagréable (et me laisse un goût de plus en plus amer..). Pour les intéressés, Jean Claude Vallot propose sur son site un script pour automatiser cette manip.

Bien entendu, dans pareille situation, le premier reflex est d’incriminer sa machine. Cette hypothèse est toutefois peu probable ici car si ma configuration était en cause, les lenteurs seraient permanentes, et donc visibles dès le lancement de Lightroom. Ce qui n’est pas le cas. Par acquis de conscience, j’ai tout même vérifié de ce côté. Ne trouvant rien, je me suis tourné vers mon ami Google. Rapidement, j’ai pu constater que mon cas n’était pas isolé. Il suffit de consulter le forum US Adobe pour s’en rendre compte. Ces sujets, souvent composés de plusieurs centaines de posts, regroupent, pour simplifier, deux profils d’utilisateurs. Ceux ayant des configurations un peu juste pour faire tourner Lightroom dans de bonnes conditions et ceux, comme moi, bien équipés mais malgré tout confrontés à des ralentissements inexpliqués. Pour les premiers, quelques astuces peuvent améliorer sensiblement la situation. Pour les seconds en revanche, point de salut, du moins pour le moment. Les multiples « astuces » données ça et là ne parviennent pas à solutionner ce problème de lenteur (qui par ailleurs semble davantage toucher Windows).

Adobe reconnaît le souci mais sans apporter de réelle réponse (ou alors je ne l’ai pas vu ?). Et la mise en ligne de la release candidate de Lightroom 4.4, disponible depuis quelques jours, ne semble pas résoudre ce problème. La principale nouveauté étant à chercher dans la prise en charge de nouveaux appareils et notamment une amélioration du dématricage des RAF des hybrides Fuji X (un autre grief à l’encontre de Lightroom mais j’y reviendrais sans doute dans un autre article).

Je ne me fait donc plus d’illusion et, selon moi, le seul espoir viendra avec la prochaine révision majeure, à savoir, Lightroom 5 dont la date de sortie est à ce jour inconnue. Toutefois, en ce basant sur les cycles de développement précédents, la version 5 ne devrait pas être disponible avant l’année prochaine. Une longue attente en perspective qui m’a poussé à regarder du côté de la concurrence.

Capture One Pro 7, le sauveur ?

Parmi les alternatives multiplateformes et capables de prendre en charge les RAW de plusieurs marques, les deux plus sérieuses sont sans doute DxO Optics Pro et Capture One. Le premier ne prenant pas en charge (pour le moment du moins), les RAF des Fuji X, ne peut me convenir. Par conséquent, il ne reste que Capture One Pro.

Capture-One-Pro-7-presentation

Lancée à l’automne 2012, la version 7 de C1 apporte deux nouveautés majeures. La première concerne l’amélioration des algorithmes de rendu et la seconde l’arrivée d’un système de catalogage.

Depuis plusieurs jours, je teste donc Capture One Pro 7 dans le but de voir plus précisément si le logiciel de Phase One peut remplacer Lightroom au sein de mon workflow (bon point au passage la période d’essai de 60 jours). L’expérience pouvant sans doute être utile à d’autres photographes, je vous propose donc une petite synthèse non exhaustive de mes observations après quelques dizaines heures d’utilisation.

Interface : avantage Lightroom

Capture-One-Pro-7-Interface

Premier contact, rien de très dépaysant. Une large place accordée à l’image au centre, les miniatures en bas et un onglet à gauche dédié aux différents paramètres. De plus, l’interface étant personnalisable, il est possible de positionner les éléments à la manière de Lightroom si besoin est.

La création du catalogue ne pose guère plus de difficulté et là encore, le sentiment de nouveau d’être en terrain connu. Toutefois, à l’usage, l’interface de Capture One donne l’impression d’être un peu moins soignée / plus « brut de décoffrage » que celle du logiciel Adobe. Une sensation ressentie également une fois l’importation terminée lors de l’étape du tri (notation, sélection, attribution des marqueurs couleurs, …). Concerannt les performances, pas de différence notable en terme de vitesse à ce stade. Léger avantage pour Lightroom donc.

Le dématriçage, le nerf de la guerre ?

Vient ensuite la phase incontournable du « développement ». Là encore, pas de bouleversements par rapport à Lightroom. Les étapes s’enchaînent suivant une certaine logique, suggérée par la disposition des divers panneaux. Balance des blancs, exposition, tons, … Quelques différences par rapport à LR bien entendu, mais rien de rédhibitoire pour toute personne habituée à manipuler des fichiers RAW.

Moins incontournables mais néanmoins utiles, les outils dédiés à la retouche locale (pinceau et filtre dégradé). Première bonne surprise, Capture One propose un système de calques (bien connu des habitués de Photoshop) plus pratique et intuitif que le système de «points» sous Lightroom. Le masquage automatique me semble en revanche moins performant que celui proposé sur le logciel Adobe. À utiliser avant tout sur des zones avec démarcations franches.
À l’inverse, autre bon point pour C1, il est possible de retoucher un filtre gradué (insérer capture) ou encore de tracer les contours puis d’utiliser la fonction de remplissage automatique.

Capture-One-Pro-7-Masquage

La fonction de redressement des perspective est quant à elle plus intuitive que sous Lightroom. Le logiciel Adobe conserve en revanche un net avantage sur l’historique où chaque étape est clairement visible. Capture One se contente de retours en arrière successifs.

Dernière étape, copier les paramètres d’une image vers d’autres. Quelques tâtonnements avant de saisir le fonctionnement mais une nouvelle fois, rien d’insurmontable. De même, il est possible de créer des «presets» mais n’étant pas un adepte de cette fonctionnalité, je ne m’étendrais pas davantage sur le sujet.

Côté performances, dans façon générale, la réactivité de Capture One Pro 7 est supérieure à celle de Lightroom 4. Avec en prime, aucune dégradation visible au fil de l’utilisation. C1 utilise d’ailleurs la majeure partie de la mémoire vive disponible là où Lightroom reste plus mesuré (sur ma configuration du moins).

Pour résumé, Capture One souffre d’une ergonomie un peu en retrait par rapport à celle de Lightroom. À l’inverse, le logiciel de Phase One se démarqur par sa réactivité et ses outils de masquages. Je passe volontairement sur la qualité d’image. Les deux logiciels délivrent des images très proches une fois développées (le rendu par défaut est bien évidemment différent comme certains aiment à le montrer mais quel intérêt d’utiliser le format RAW pour se contenter des réglages par défaut ?). C1 semble toutefois un peu en retrait sur le traitement du bruit avec les images prises au-delà de 3200 ISO. A confirmer par des tests plus poussés.

Capture One Pro : sans fioritures

Capture-One-Pro-7-Module-Web

Terminons par quelques mots sur les fonctions annexes ajoutées au fil des versions sur Lightroom. Sur le logiciel Phase One, point de module carte ou de partenariat avec Blurb pour la création de livres. Des fonctionnalités que je n’utilise pas mais qui ont de l’importance pour certains utilisateurs.

L’équivalent des modules Diaporama, Impression et Web est en revanche proposé par le logiciel Phase One. Mais encore une fois, les interfaces sont un peu moins « user-friendly » et Capture One se contente de l’essentiel. Certains utilisateurs apprécieront toutefois la possibilité de faire du soft-proofing CMJN.

Bye Lightroom, bonjour Capture One ?

Pour le moment, difficile d’être aussi catégorique. Capture One est réactif, un point très important pour moi mais migrer vers C1 est aussi synonyme de la perte du travail de tri, de catalogage et de développement effectué au cours des dernière années sur Lightroom. Des solutions existent pour contourner le problème mais elles demandent du temps. Temps qui, il faut mieux le reconnaître, ne m’enchante guère de consacrer à cette tâche. De même, il faut compter plusieurs heures pour pleinement reprendre ses marques et maîtriser davantage le nouveau logiciel. L’interface un peu moins « soignée » constitue elle aussi un léger frein. Sans oublier le coût de la licence (229€). Reste l’attrait des fonctions de masquages. A suivre…

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Pour ceux qui souhaiteraient découvrir plus en détails Capture One 7, Phase One propose une dizaine de vidéos sur sa page Youtube.

5 commentaires

  1. Super article intéressant ! Donne un « premier » avis sur Capture One. Je tique juste sur ta considération de « user friendly » qui me semble être formaté par une habitude générale des utilisateurs de LR. Pour ma part, je n’ai pas ressenti cela du tout, je le trouve très « friendly » justement, …subjectif.

    Merci pour ce blog que je viens de découvrir ! 🙂

  2. Julien dit

    Ma remarque concernait avant tout quelques boites de dialogues qui me semble un peu plus « brutes de décoffrage », surtout pour les utilisateurs moins familiers avec l’informatique. Des petits détails mais qui peuvent néanmoins avoir leur importance.

    Après c’est certain, j’ai mes habitudes sous Lightroom après plusieurs années d’utilisation mais le principal frein pour moi, c’est le catalogage effectué. L’interface je m’y suis (très) rapidement fait 😉

  3. kolyyb dit

    Bonjour,
    Essai très intéressant.
    Alors après un mois d’utilisation et la sortie imminente de la v5 de Lightroom (version beta dispo)
    C1 ou LR5 ?

    Kolyyb

  4. Julien dit

    Après plusieurs semaines, j’apprécie de plus en plus la qualité de dématricage et le respect des couleurs de Capture One. Dans la majorité des cas, c’est subtil mais dans certaines conditions c’est bien visible. C1 est juste dès le départ alors que Lightroom est moins fidèle. Idem pour le rendu des RAF Fuji, un petit avantage dans la restitution des détails et micro-constrates.

    Côté ergonomie par contre, Lightroom conserve ma préférence. Non pas que C1 soit mauvais mais comme je l’ai indiqué, certaines boites de dialogues sont plus « brute de décoffrage ». Idem pour la partie catalogue, LR reste plus complet (mais ce n’est pas un point primordial pour moi). Reste que perdre le catalogage basique effectué sous LR depuis sa première version si je migre vers C1 ne m’enchaine guère et me freine très honnêtement.

    Concernant Lightroom 5, quelques évolutions mais la plupart ne m’apporteront pas grand-chose dans mon utilisation. Et les récentes orientations d’Adobe par rapport au Cloud ne me plaisent guère. J’attends l’annonce de la version définitive de LR5 pour voir l’ensemble des nouveautés et le tarif pour me décider (faut voir aussi les « bugs », pas du tout envie de revivre les attentes d’amélioration connues avec LR4…)…

  5. Jean-Chris dit

    Bonjour,

    Joli comparatif… Si tu es sur Mac, tu as une fonction dans C1 Pro qui permet d’importer un catalogue Lightroom sans rien perdre sinon une partie du développement (et encore, balance des blancs, et certains autres réglages sont repris).

    Peut-être une solution pour toi donc… cette fonctionnalité sera étendue à la version PC dans le prochaine release mineure (7.2 ou 7.1.4) normalement.

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